Compte rendu du GNPD 2

Le GNPD est réuni pour la 3e fois (et la premiere fois de cette annee scolaire 2017 2018), sous la présidence de Christophe Kerrero, directeur de cabinet, et Isabelle Bourhis, conseillère sociale. Il faut rappeler que cette instance a été mise en place à la demande du SNPDEN, dans le cadre de l'alerte sociale lancée en 2017.
Il est fondé sur la représentativité syndicale, à savoir 7 SNPDEN, 2 IDFO et 1 SGEN.
Le SNPDEN était représenté par Pascal Bolloré SGA, Florence Delannoy SN, Joel Lamoise SN, Corinne Laurent SA Rouen, Corinne Ober SA Grenoble, Philippe Tournier SG, Philippe Vincent SGA.
 

La rentrée

Le SNPDEN présente sa vision de la rentrée, au travers des résultats de l'enquête qu'il a mené, à laquelle près d'un tiers des EPLE ont répondu.
Le ressenti des collègues sur la rentrée est mauvais dans 10% des cas, essentiellement quand tous les personnels sont pas nommés. C'est une question qui touche encore trop d'établissements, de façon inégale et très marquée selon les académies. Il semble que certaines académies gèrent mieux que d'autres la pénurie. Le Ministère réaffirme que les rectorats gèrent la pénurie, et que la question des viviers de recrutement est une question en soi

Notre métier

Nous nous interrogeons sur le nombre très élevé de faisant fonctions, qui renvoie à la question de l'attractivité du métier, au travers de ses conditions d'exercice. Nous avons une réflexion à engager sur les métiers de l'encadrement, et la façon dont la hiérarchie considère les personnels de direction, plus souvent comme des exécutants que comme les cadres qu'ils sont. Le SNPDEN souhaite que soit ouvert ce dossier.
Le Ministère est conscient de ce problème, et de la souffrance de certains collègues. Parfois une inadéquation entre le profil et le poste, des relations difficiles avec les parents d’élèves, il y a cristallisation dans les EPLE, parfois le dernier service de l’état de proximité. Il faut la transformation complète du système : l’Ecole ne peut pas tout régler - se recentrer : un socle commun - une insertion dans le supérieur et dans le monde professionnel. Il est nécessaire de retrouver le cœur du métier. Il faudra accompagner les annonces d'une grande autonomie des établissements par des formations des personnels. 
Isabelle Bourhis réaffirme la nécessité d'une réflexion sur la formation initiale et continue des personnels de direction, ainsi que d'une amélioration de la culture de l'encadrement.

Les systèmes d'information

Les systèmes d'information sont à nouveau évoqués, comme alourdissant la charge de travail des personnels de direction : le SNPDEN souligne que leur complication pose problème aux secrétariats, laissant les personnels de direction trop souvent seuls à les utiliser.
Le directeur de cabinet évoque une réforme territoriale pour remettre à niveau les 30 systèmes d'information académiques : repartir des territoires - revoir les champs des outils utilisés dans les EPLE. Nous demandons toujours de pouvoir importer des données dans siècle. Nous avons déjà listé, auprès de la DNE, les problèmes récurrents résolvables rapidement. Le cabinet souhaite relancer, avec nous, ce dossier.

Point sur la situation aux Antilles

Sur Saint Martin : situation très difficile pour les personnels - dégâts matériels importants - permanence des personnels de direction pour accueillir. La sécurité est assurée par une présence militaire forte. Re scolarisation à la Toussaint. Solution en internat pour les classes d’examens.

Sur Saint Barthélemy la situation est moins grave. Retour assez rapide à la normale. 

La section académique SNPDEN de la Guadeloupe a réglé l’accueil d’une centaine d’élèves venus de Saint Martin.

Les évaluations en 6e

Le directeur de cabinet explique les évaluations 6e s'inscrivent dans une réflexion plus générale sur PISA et l'évaluation du système éducatif. La conseillère sociale précise que la DEPP y travaille : un courrier va partir pour préciser les choses : 

Déroulement tout le mois de novembre - complètement informatisées - 2 séquences non consécutives - sans correction - un correspondant en EPLE - elles ont vocation à aider les enseignants et à développer la culture de l’évaluation - comment les équipes s’en emparent ? Pouvoir récupérer des données qui permettent d’envoyer des suivis de cohorte aux EPLE et d’exploiter et des données par les enseignants. Les professeurs auront les résultats individuels des élèves. Une remontée vers l’IEN et une analyse collective pour voir les problèmes du collège à évoquer en conseil pédagogique.
Le SNPDEN pose la question de l’usage des données, les IVAC qu’en fera-t-on ? Question de la publication publique des résultats, et du risque de mise en concurrence des EPLE entre eux. Le directeur de cabinetn souhaite aller jusqu’au bout de la logique y compris une fermeture d’eple. Cette année les évaluations sont pédagogiquement un peu tardives : l’an prochain en septembre. Caractère expérimental cette année.

Le SNPDEN souligne qu'une culture de l'évaluation peut aider à sortir les personnels de la culture de l'impuissance et de la culpabilité. Il se félicite que le système ne soit pas la réincarnation du peu regretté Casimir, qui avait laissé perplexe les équipes. Il insiste sur la nécessaire facilité d'exploitation, qui semble atteinte, mais regrette la date tardive de passation. En revanche, notre crainte est une exploitation médiatique, dont on connaît les travers, notamment celui de conforter les préjugés.
Si on montre que tout n'est pas pareil partout, on alimente des comportements qui aggravent la situation des établissements les plus exposés.
Le moment où ces donnés passent dans l'espace public pose problème.
Nous ne sommes pas rassurés par le discours de dédramatisation et de transparence nécessaire tenu par le directeur de cabinet. Il reconnaît cependant que l'évaluation peut faire peser sur les acteurs, par exemple en REP, un poids très lourd. 

"Devoirs faits"

Le directeur de cabinet affirme que le travail de l'élève est  au coeur des apprentissages. Un vade mecum a été envoyé dans les établissements. Le dispositif démarre et à vocation à se développer au fil de l'année.
Des solutions tres differentes peuvent etre adoptees en fonction des situations particulières des établissements. Il faut que les rectorats puissent aider les établissements à rémunérer le coordonnateur mais également les professeurs. Il y a des moyens dans les rectorats : IMP pour le coordonnateur du dispositif - HSE - service civique - AED - associations. Des personnels administratifs comme des CPE peuvent être rémunérés.

Le SNPDEN partage totalement les objectifs du dispositif mais rappelle l'extrême diversité des situations,et surtout les discours rectoraux qui nous parlent de "moyens constants"... Une forme attentisme est perceptible chez les collègues, qui sont majoritairement prudents, depuis la fin brutale de l'accompagnement éducatif.  Personne ne connait aujourd'hui les moyens alloués.

L'évolution du DNB

 
La question du brevet des colèeges est évoquée. Le SNPDEN rappelle sa volonte d'évoluer vers une simplification ou une suppression des épreuves finales, rejoint en cela par le SGEN.  Le Ministère semble avoir pris en compte cette position, en réfléchissant à des épreuves sur une seule journée, plus légères, facilitant également la gestion des copies qui a posé problème cette année. La suppression des épreuves finales ne paraît cependant pas encore être à l'ordre du jour.
 
Le SNPDEN  rappelle l'ambiguïté entretenue par la complexité de certains sujets et se demande à qui on s'adresse ? Le résultat de ces epreuves compliquées a été l'explosion des mentions pour les meilleurs, mais pas l'elargissement de la base des reçus. Nous souhaitons une entrée très pragmatique, dans le cadre des textes actuels. Par exemple, qu'il n'y ait pas d'épreuves de plus de trois heures, ne serait ce que pour permettre la gestion des tiers temps.

Mission sur la réforme du baccalauréat

La suppression du bac, dernier grand symbole national n'est pas a l'ordre du jour, même s'il ne garantit plus la réussite dans l'enseignement superieur. On reste sur l'idée d'épreuves terminales et de contrôle continu. 20% des jeunes ont des difficultés de lecture, 60% échouent en licence. La question du degré de spécialisation que l'on donne au lycée se pose. La réflexion sur le baccalauréat peut aussi être l'occasion de réfléchir à la politique d'orientation au lycée, avec une responsabilisation des acteurs.

Le SNPDEN remarque que la complication des épreuves du bac ne cesse de s'aggraver depuis 2004 et les essais de simplification de Bayrou.

La crise de l'affectation post bac de cette année à montre que le bac ne sert décidemment plus à rien quand on est pris dans une filière sélective, les jeux sont faits, et dans une filière non sélective, on est tiré au sort

Nous exprimons nos craintes sur le fait que deux groupes de travail parallèles se tiennent aujourd'hui, EN et Supérieur. Le risque du choc de deux logiques est grand. Notre Ministère se veut rassurant sur cette question et explique qu'APB doit évoluer des l'année prochaine, tandis que la réflexion sur Le bac peut prendre un peu plus de temps. Sur ce sujet, il y a une convergence de vue de tous les participants. Un problème : le refus du contrôle continu par toutes les organisations lycéennes, alors qu'il règne pourtant en maître dans APB.
 

Laïcité

Mise en place d’une cellule laïcité

Une république qui ne recule pas sur ce sujet, ne transige pas sur ses valeurs essentielles. L’enjeu de la cellule laïcité (des juristes, des philosophes…) : soutien - appui aux personnels - aux EPLE - reconquérir des territoires et des esprits… Réaffirmation de la laïcité et de la loi (2004). 
Sur la question de la laïcité à l'école, le SNPDEN fait remarquer qu'il a été la seule organisation syndicale à avoir soutenu la loi de 2004, mais que depuis, nous constatons une dégradation très nette de la situation. Chez une partie des personnels, la situation est déjà perdue, et l'on cherche à éviter les conflits plus qu'à faire respecter la loi. Les frottements des différentes politiques ministérielles n'ont pas arrangé les choses. La question des accompagnateurs est un exemple affligeant des incertitudes auxquelles ont été confrontées les personnels de direction.

 La question de l'usage du téléphone.

La question de l'interdiction pose aussi celle des usages pédagogiques. Faut-il aménager le Code l'éducation pour aider les équipes ? Procéder par expérimentation  ? Le SNPDEN constate que l'interdiction en cours est déjà la règle dans la plupart des etablissements. Si les choses doivent changer, il ne faut en revanche pas rester dans l'ambiguïté. Si l'on estime que c'est nuisible à l'apprentissage, il faut faire le choix clair de l'interdiction totale, et dans ce cas, de multiples questions pratiques se posent. Mais une interdiction totale impossible à faire respecter serait ridicule et contre productive, et mettrait nos collègues en difficulté.

PPCR (parcours professionnel, carrières, rémunérations)

Il sera poursuivi. Articulation entre le travail du chef d'établissement et de l’IA IPR.

Nous rappelons nos mandats pour un corps unique de l'encadrement, soulignons que pour l'évaluation des enseignants, que tous les items à l'exception du 1er relèvent des deux évaluateurs. Concernant notre PPCR, si le Ministère de la fonction publique a bien signé les décrets, il reste des incertitudes sur les délais de mise en oeuvre de tous les volets. Tout ce qui est acté au 1er septembre 2017 est en cours (dont la classe exceptionnelle, les capa qui auront lieu en décembre ou en janvier). D'autres éléments sont en attente d'arbitrage. La promotion à l’échelon spécial pour le premier janvier 2017 (2%) serait actée mais remise en cause possible de celle du premier janvier 2018 (pas les 2% prévus ?). et Ré étalement de la montée en puissance prévue initialement sur 7 ans ?

Le SNPDEN réaffirme que le dialogue social impose que les engagements de l'état soient respectés.
 

 

 
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